Family Compo de Tsukasa Hôjô
Masahiko est un jeune homme qui vient de perdre son père. Ayant perdu sa mère 6 ans plus tôt, le voila orphelin.
Mais un beau jour, une jeune femme vient sonner chez lui, en se présentant comme sa tante.
Sa tante vie avec son mari et sa fille Shion, qui a presque le même âge que Masahiko.
Mais en y réfléchissant bien, il semble se souvenir que sa mère lui avait parlé d’un frère et non d’une soeur !
Voilà donc le terrible secret de cette famille : la tante de Masahiko est en fait son oncle et son mari est une femme.
C’est donc dans cette famille très spéciale que Masahiko va devoir se trouver une place, avec toutefois une question qui le tracasse : la fille de son oncle est-elle vraiment une fille ou se travestie-t-elle aussi ?
Une histoire de travestis
Family Compo est un seinen créé par Tsukasa Hôjô, connu notamment pour Cat’s Eye, City Hunter ou encore Angel Heart.
Ce titre est paru précédemment chez J’ai Lu en 14 volumes et est réédité depuis plus d’un an par Panini Manga, dans une version Deluxe en 12 tomes.
J’ai découvert Tsukasa Hôjô en lisant City Hunter en édition Deluxe, qui était déjà réédité par Panini. Comme j’avais bien accroché à cette précédente oeuvre, j’ai tenté le coup avec Family Compo, dont l’édition commençait à paraître au moment où City Hunter se terminait. Une bonne façon de continuer à lire cet auteur, sans multiplier les titres en cours.
Le thème principal de cette oeuvre, que l’on retrouvait déjà de temps à autre dans ses précédents titres, est le travestissement. Déjà dans City Hunter, il n’était pas rare de voir Ryo Seaba ou d’autres personnages changer de tenue, avec par exemple Saori qui s’habillait de temps en temps en homme.
Cette fois-ci le travestissement est au coeur de l’oeuvre et donnera lieu à bon nombre de situations inattendues et à un peu de réflexion.
Face à la découverte du secret de la famille Wakanaé, Masahiko va passer par différents stades. Dans un premier temps, il rejettera cette idée, jusqu’à y être de nouveau confronté.
Lorsque cette idée sera acquise, il va dans un premier temps avoir du mal à l’accepter, allant même jusqu’à vouloir les aider à redevenir eux même. Cela donnera d’ailleurs lieu à un passage marrant durant lequel chacun des 2 époux tente de reprendre des vêtements adaptés à leur sexe, mais dans lesquelles ils paraissent être encore plus travestis que lorsqu’ils le sont vraiment.
Mais Masahiko va apprendre à les connaître et acceptera cette situation. L’auteur réussit à merveille à rendre certains passages émouvants et sensibles, nous permettant de suivre l’évolution de ce personnage.
Le travail de l’auteur sur les personnages est vraiment intéressant car bien qu’ils aient des caractères un petit peu stéréotypés, ils sont tout de même attachants et touchants. On se prend à vouloir suivre leur vie et surmonter leurs problèmes.
L’histoire de Family Compo est construite un peu de la même façon que City Hunter, ou que tout autre manga : l’histoire se compose de plusieurs intrigues et il n’est pas rare de passer d’un sujet à un autre dès qu’un chapitre se termine. Par contre le bon côté, c’est que les intrigues ne durent généralement pas plus de 2 ou 3 chapitres, ce qui permet de changer rapidement de situation au sein même d’un volume.
Le dessin est vraiment très bon et très réussi. Le trait est sûr et chaque planche est détaillée. On sent que Tsukasa Hôjô maîtrise son dessin, d’une grande qualité.
A la conclusion de City Hunter, je souhaitais lire d’autres oeuvres de cet auteur mais j’avais cependant un petit peu peur de ce que je pouvais trouver dans Family Compo. Au final, j’ai pu découvrir une histoire qui sort de l’ordinaire avec des personnages très intéressants dans une oeuvre misant sur les tranches de vies.
C’est une lecture qui ne correspond sans doute pas à tout le monde, mais elle reste très agréable et émouvante.
